La République est “toujours à protéger” car elle est “fragile et “précaire”, a averti vendredi Emmanuel Macron, en prononçant un éloge de ce régime politique qui ne doit, parce qu’il est “indivisible”, admettre “aucune aventure séparatiste”, rapporte l’AFP.
Dans un discours au Panthéon à l’occasion des 150 ans de la proclamation de la République, le chef de l’Etat a défendu la notion de “patriotisme républicain” qu’il a développée ces derniers mois.
Cette allocution, prononcée d’un ton grave, est le prélude à une série d’initiatives dans les domaines régaliens, en particulier sur la sécurité, le séparatisme et l’égalité des chances. Elles seront notamment au menu du séminaire gouvernemental de rentrée, mercredi 9 septembre.
Dans le cadre très solennel du Panthéon, où reposent les héros français, Emmanuel Macron a symboliquement remis leur décret de naturalisations à cinq nouveaux citoyens - Matthew, Noura, Patricia, Catherine et Rana - originaires du Cameroun, du Pérou ou encore du Liban et résidents en France parfois depuis très longtemps. “Devenir Français, c’est avoir ancré en soi-même la conscience que, parce que la République est toujours fragile, toujours précaire, elle doit être une conquête de chaque jour”, leur a-t-il dit.
“Quand on a chanté la Marseillaise, quand il m’a remis mon décret, j’étais émue”, a témoigné Catherine, quadragénaire née au Cameroun. “Je suis arrivée en 2000, ça fait 20 ans que je contribue, que je travaille”.
Pour Emmanuel Macron, “être Français” c’est aussi “être du côté des combattants de la liberté. Et plus encore quand les renoncements prospèrent, quand la censure progresse”.
Au moment où se tient le procès des attentats de janvier 2015, dont celui de Charlie Hebdo, il a insisté sur le fait que la laïcité, “qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire”, n’était “pas séparable d’une liberté d’expression allant jusqu’au droit au blasphème”.
“Il n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un Dieu, parfois avec l’aide de puissances étrangères, entendent imposer la loi d’un groupe”, a-t-il prévenu. En précisant qu’“un projet de loi de lutte contre les séparatismes sera présenté dès cet automne”.